L’espace politique, contrairement à l’univers, n’est pas infini. Il y a une place pour chacun et l’essentiel de ce que chacun grignote est pris sur la part de l’autre. Dans ce monde en quête d’avenir, l’essentiel de l’offre politique tend au statu quo, par lâcheté et démagogie et surtout par manque de vision. A défaut de vision du futur chacun promet le retour au passé ou une vague amélioration du présent. Une des raisons de cette paresse intellectuelle doublée d’un manque terrifiant de courage est liée à l’ancienneté de la classe politique et son manque de diversité.

Prisonniers, depuis trop longtemps, de schémas établis et fatigués, le courage de quelques-uns échoue inévitablement contre la puissance et la force de blocage des plus anciens. La progression se fait, comme dans la fonction publique, à l’ancienneté et non à la compétence. L’innovation est signe de danger, dans un métier où il est urgent de couper la tête des téméraires qui oseraient montrer la nullité de leurs aînés. Alors les innovateurs meurent ou rompent l’échine et s’adaptent, comme les autres, au système. Dans un premier temps, avec l’utopie de le transformer de l’intérieur, mais très rapidement, le confort des routines et l’inertie du système conduisent les réformateurs à devenir aussi conservateurs que leurs aînés et ils finissent, comme tous, par attendre leur tour. Patiemment et sans remous. La politique de l’eau calme et de l’encéphalogramme. Plat !