Le droit du travail français ne tue pas l’emploi de la même façon pour tout le monde. Le droit du travail français, aveugle à la taille, préserve les puissants et terrorise les faibles. C’est un souverain absolu qui exige des gueux une obole proportionnellement plus forte que celle qu’il exige des riches. Il est à lui seul l’éclatante démonstration que la France ne raisonne que par les grands et donc par l’absurde. Il est à lui seul l’incontestable preuve que nos législateurs ne connaissent rien à nos PME.

Ils sont presbytes et refusent de porter des lunettes pour voir cet infiniment petit qui, pourtant, constitue le terreau français et son seul espoir d’embauche. C’est une réserve sans cesse obstruée, une cache fantastique renfermant des armes de destruction massive de chômage. Cette terre sans cesse brûlée ou ignorée, qui pourrait donner plus de blé qu’un meilleur avril dirait Brel. Les PME, ces gladiateurs qui malgré leurs victoires, souvent laborieuses, se voient toujours promettre un pouce retourné quand l’heure vient de décider de leur sort. L’empereur législatif le renvoie toujours aux lions et la France doit se contenter d’ossements.