Tout ce que l’on s’interdit de trop près reprend de la valeur avec la distance. Et la comparaison est plus facile quand on sait de quoi on parle, plutôt que de lire des courbes statistiques, comme en raffolent nombre de soi-disant économistes. Le pied hors sol garantit la légèreté du point de vue et son objectivité.

Quitter la France c’est aussi s’intéresser au monde, car tout à coup votre monde n’est plus constitué de votre simple territoire. La petitesse n’est plus de mise, car le paysage s’élargit singulièrement, le nombril cesse d’être la partie du corps que l’on observe le plus et l’on s’intéresse à nombre d’autres nombrils présents dans un monde qui est tellement plus grand que notre belle France. C’est finalement un voyage Apollo que l’on s’offre à bas coût, qui permet de voir le monde de plus haut, dans ses forces globales, sa géographie pleine et non plus dans le détail qui obscurcit la forêt.

Israël a ceci de particulier que ce petit Etat, de 6 à 7million d’individus, est un monde en lui même et ne pense qu’au monde. Les innovations sont destinées à un marché mondial faute de marché intérieur. Quand nous nous plaignons de l’étroitesse de notre marché, je vous laisse imaginer l’hilarité d’un Israélien quand je lui explique que nos marchés publics représentent « seulement » 100 milliards par an !! Ici l’obsession c’est le monde, des innovations dotées d’une validité planétaire, sinon rien. Et cela marche. La nécessité fait loi et ici la nécessité est forte. La 1ère leçon à retenir c’est que nous ne savons vraiment pas en France, mettre à profit cet énorme marché que représentent les grands groupes et l’état, ce qui représenterait déjà un monde pour nos PME et start-up. L’équivalent (ou presque) d’un marché mondial pour un Israélien. Dommage non ?