Au mieux un sujet d’étude, un éclairage utile du passé, mais en aucun cas une science qui puisse leur permettre, ni de juger le bonheur d’une société à partir de courbe déconnectée de la réalité. Au mieux des gens cultivés, dotés d’un sens et d’une connaissance précise d’évènements passés, mais incapables de nous prédire l’avenir. Une qualité dont on continue pourtant à les créditer. Au mieux, des gens ouverts, capables de voir des tendances, mais certainement bien moins pertinents que des acteurs, qui eux voient, chaque jour dans leurs entreprises, la traduction souvent incomplète et bien différente, des courbes qui s’affichent en arrière plan, pour créditer leurs propos.

Lettre à nos journalistes amis, afin qu’ils cessent de donner trop d’importance à des pythies bien dépitées, pour accorder un peu plus de crédit à la réalité et à ses hommes. Un économiste c’est quoi ? Quand ils sont bons, ce sont des hommes (trop souvent encore), qui ont su ajouter à leurs connaissances des mécanismes économiques de base, macro ou micro, quelques études supplémentaires sur la sociologie, l’anthropologie, la philosophie, l’histoire. Car les courbes affichées par les plus mauvais, mériteraient tellement de traduire de façon réaliste, en comportements humains, les effets des mesures qu’ils présentent comme des certitudes.

Quand ils sont mauvais, ils tracent des courbes, de beaux schémas, dont la simplicité est trop souvent prise pour un gage de crédibilité et de légitimité. On peut faire dire n’importe quoi aux chiffres, et Churchill rappelait avec humour qu’il ne croyait que les statistiques qu’il avait truqué lui même. C’est l’exercice sans talent auquel se livrent, nombre d’économistes que je croise sur les plateaux. J’entendais encore récemment, des économistes chauves (un immense atout que la calvitie pour cette profession, elle lui donne une crédibilité supplémentaire, le crâne d’œuf fait « intelligent »), faire des parallèles, annoncés comme autant de preuves, entre la robotisation et le chômage. En rappelant que la Corée, malgré un taux imposant de robotisation, affichait un chômage « light », sans matière grasse sur les chiffres de l’emploi. CQFD, « la robotisation ne tue pas l’emploi » !!