Si vous étiez candidat à la présidentielle, quels seraient les trois points principaux de votre programme? Comment vous y prendriez-vous? 

Denis Jacquet. Le premier point serait de bâtir un pays sur la complémentarité: pour l’Observatoire de l’ubérisation, nous avons regroupé des personnes que tout opposait et cela fonctionne parfaitement. Nous avons constaté qu’une fois leurs différences surmontées, elles se sont attachées à trouver quel était leur socle commun. Voilà ce que nous devons étendre à tous les Français: chercher ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise. Le chercher entre le public et le privé, les grandes entreprises et les PME, les riches et les pauvres… Il faut viser le bonheur individuel pour espérer le bonheur collectif. Mais aussi avoir un programme homme/femme presque dictatorial car aujourd’hui, on a l’impression que notre société ne fait pas confiance aux femmes, donc à 50% de sa population! Un pays qui a de la défiance envers les femmes en aura pour tous ceux qui sont différents.

Le second point, essentiel, de mon programme serait l’éducation. Il faut une formation qui cesse de déclasser 95% des Français qui n’ont pas pu accéder aux écoles élitistes. Faire en sorte que la formation permette à chacun, à nouveau, de trouver sa place, de viser l’excellence et de se préparer aux mutations plutôt que les subir. Il faudra miser sur l’épanouissement individuel et favoriser la créativité, qui sera essentielle dans l’économie digitale.

Enfin, j’allégerais le poids de la loi et de la norme. Et je ferais un code spécifique aux PME car il faut arrêter de soumettre à la même législation les 92% d’entreprises de moins de 20 salariés et les multinationales. Un pays qui veut tout normer n’a pas confiance dans ses citoyens.