Dans une tribune au Parisien – Aujourd’hui en France, l’entrepreneur Denis Jacquet incite à anticiper les pertes d’emplois liées à l’intelligence artificielle dans les prochaines décennies.

« Le proverbe veut que l’on ne prête qu’aux riches. En matière d’emploi, il pourrait douloureusement s’appliquer. Pas uniquement pour les « pauvres de l’emploi », les moins qualifiés d’entre nous. Mais également pour les « riches », les plus qualifiés. Cette fois, le fléau frappera de bas en haut de la pyramide. L’automatisation associée à l’intelligence artificielle (IA) va-t-elle tuer l’emploi et le monde ? Les études donnent des sueurs froides. Aucune réaction politique. Et partout des gourous qui se disputent la vision la plus rose ou la plus noire.

Ils n’en savent rien, ils spéculent. Car nous n’en savons rien. Mais les tendances sont lourdes. Elles alimentent une peur des peuples occidentaux. Insidieuse mais croissante. La petite musique d’une absence d’avenir, d’un déclassement général. Un futur vide de cette promesse d’élévation sociale qui maintenait jusqu’alors nos systèmes. De plus, le débat fait l’impasse sur le niveau de rémunération des emplois qui remplaceraient les actuels. L’impasse sur l’endroit où ils seront créés. Là, les gourous sont muets. Pourtant, remplacer un emploi par un autre, moins payé, remplacer l’emploi sur un territoire, par un emploi « en ville », qui accroîtra encore la fracture territoriale, représente un danger absolu.